Un voyage de Léonard de Vinci à l’ingénierie biomédicale
Comment voir à l’intérieur du corps humain sans jamais faire d’incision? Pour la Dre Caroline Boudoux, professeure titulaire au Département de génie physique à Polytechnique Montréal, cette question est devenue le fil conducteur d’une carrière qui s’étend d’une étincelle d’enfance à des avancées marquantes en biophotonique. Son travail utilise la lumière pour dévoiler ce que l’œil ne peut percevoir. Dans ce reportage, on retrace son parcours atypique, de sa curiosité juvénile jusqu’au MIT, en passant par des innovations de pointe et un nouveau livre qui démystifie le parcours du doctorat.
10/17/20252 min temps de lecture


Nous pensons rarement à ce qui se passe sous notre peau : aux tissus qui se transforment, au sang qui circule, aux cellules qui évoluent. Nous comptons sur la technologie pour révéler ce que l’œil humain ne peut pas voir. Mais derrière chaque image médicale qui contribue à orienter un diagnostic se trouve un scientifique qui, un jour, s’est posé une question d’une simplicité trompeuse : comment voir ce que l’œil ne peut pas voir ?
Pour Caroline Boudoux, professeure au Département de génie physique de Polytechnique Montréal, cette question est apparue très tôt. Elle avait cinq ans lorsqu’elle a visité une exposition consacrée à Léonard de Vinci. Alors que la plupart des enfants étaient fascinés par ses machines volantes, son attention s’est portée ailleurs : sur les mécanismes internes du corps humain. Ce moment, aussi marquant qu’inattendu, a éveillé une fascination qui allait l’accompagner de Québec au MIT, puis jusqu’au domaine de la biophotonique, la science qui utilise la lumière pour explorer l’intérieur du corps.
Son parcours n’a été ni linéaire ni entièrement planifié. Boudoux décrit sa carrière comme le résultat d’un mélange d’ambition, de travail réfléchi, de mentorat au bon moment et de sérendipité. Ce qui ressort de son parcours, c’est sa manière d’accueillir chaque nouvelle étape, une occasion de recherche, l’idée d’un livre, une possibilité de transmettre ce qu’elle avait appris, comme une façon d’élargir son expertise et de préciser son objectif.
Boudoux est reconnue pour son travail visant à repousser les limites de l’imagerie médicale. Ses recherches en tomographie par cohérence optique ont contribué au développement d’outils diagnostiques plus rapides, plus précis et plus accessibles. Mais ce qui rend son parcours particulièrement intéressant ne se limite pas à la science : c’est aussi l’état d’esprit qui l’accompagne. Elle estime que le savoir devrait être démystifié plutôt que jalousement gardé, que les jeunes chercheurs méritent davantage de transparence sur la réalité des études doctorales et que la curiosité demeure l’un des moteurs les plus puissants de l’innovation.
À retenir
Le parcours de Boudoux relie curiosité scientifique, recherche et mentorat à travers les générations. Ce qui a commencé avec une enfant de cinq ans fascinée par l’exploration du corps humain de Léonard de Vinci est devenu une carrière consacrée à rendre visible ce qui ne l’est pas. Son parcours offre également aux jeunes chercheurs, notamment aux femmes qui se lancent en ingénierie et en sciences biomédicales, un exemple concret de ce que la curiosité, la persévérance et l’ambition scientifique peuvent permettre d’accomplir.
Son livre, It Goes Without Saying: Taking the Guesswork Out of Your PhD in Engineering, reflète cette philosophie. À la fois guide pratique, manuel de survie et réflexion sans détour, il explore le travail émotionnel et intellectuel qu’exige un doctorat ainsi que certaines réalités de la formation universitaire dont on parle encore trop peu.
Mises à jour
Recevez les actualités AI & tech résumée en quelques minutes.
Alertes
© 2025. Tous droits réservés.
